vendredi 20 janvier 2012

OSLIK : La Guerre d'Hiver et le "déficit de sécurité" - The Winter War and the "security gap"


(ENGLISH VERSION BELOW THE FOLD)

[Second article soumis par Oslik traitant d'un thème quelque peu borderline sur les forums "survivalistes" français : le tir de précision]

On peut affirmer sans caricaturer que les preppers français [NDLR : penchant soft et politiquement correct des survivalistes]sont fâchés avec la sécurité, et encore plus avec la sécurité à grande échelle. Le faible nombre de blogs francophones (et leur volume de visite) dédiés au moins en partie à ce sujet est sans commune mesure avec le volume des sites qui se concentrent sur d'autres causes de mortalité à "grande" échelle telles que se perdre dans les bois en hiver, être victime d'un tremblement de terre, d'inondations, ou encore une chie-en-lie comme Fukushima-Daichi. Encore que, peut-être devrait-on s'estimer heureux que ces sites discutent parfois d'arts martiaux et d'agressions dans des ruelles sombres (soupir). Pourtant la somme des catastrophes naturelles fait pâle figure devant la principale cause de mortalité du XXè siècle ; je veux parler d'un problème qui touche (après 1918) surtout les civils : les opérations... militaires. Vu le décompte de civils tués au XXè siècle, comparé aux victimes d'un tsunami (!), le tri est vite fait : en attendant l'arrivée -- probablement inéluctable -- de notre Windscale/Tchernobyl/Three-miles-island à nous (cocorico), les morts violentes caracolent en tête.

Appelons cela le "déficit de sécurité" : les preppers français lui attribuent une pondération proche de zéro, alors même que c'est le "numero uno". Avec les résultats que l'on sait.

Comment expliquer ce déficit ? Peut-être est-ce justifié... Peut-être est-ce parce que les problèmes de cet ordre sont trop énormes, insurmontables pour des individus ou de petits groupes. Peut-être que le mieux à faire dans ce genre de situation, c'est la fuite, prendre son SEU -- Sac d'Evacuation d'Urgence -- et mettre de la distance entre soi et les troubles (dites ça aux républicains espagnols, qui ont échappé aux prisons franquistes pour atterrir dans des camps Vichy-istes, ou aux vendéens encerclés face à la mer, aux tutsis refoulés à la frontière, aux habitants de Sarajevo encerclés, etc).

Pourquoi les Français considèrent-ils le sujet tabou, tandis que e.g. les Suisses et les survivalistes US l'intègrent très fortement dans leurs culture de société (pour les premiers, via Guillaume Tell, les concours cantonaux à 300 m. et le fass90 dans le placard) ou leurs préparations (pour les derniers, voir e.g. Rawles, le "pape" du survivalisme US), lui donnant même parfois une place correspondant à son décompte de victimes, c'est à dire la place numéro un ? Peut-être que ce problème est un problème gérable en définitive ?

Peut-être ont-ils aussi compris que c'est aussi LE problème à la racine de tous les autres : les gens vulnérables sont dominés et exploités à toutes les échelles, grandes et petites (comme dans une figure de Mandlebrot). Rien ne leur est jamais acquis, tout peut leur être retiré à tout moment.

Pour enfoncer le clou, examinons un exemple de "David contre Goliath", en 1939, la "Guerre d'Hiver", et ramenons le à l'hexagone (toutes proportions gardées) pour avoir des chiffres qui sonnent plus "familiers" à l'oreille.

Imaginez le tableau.

Une coalition se montre contre la France, caractérisée avant tout par son gigantisme : la Chine, la Russie, l'Inde, l'Indonésie et les USA, totalisant 3 milliards d'habitants, déclarent la guerre à la France, isolée et 50 fois plus petite en population. La coalition masse 20 millions de soldats aux frontières de l'hexagone, tandis que celui-ci, faisant de son mieux, arrive à mobiliser 6 millions d'hommes. Commence alors la plus colossale attaque contre la France qui ait jamais eu lieu.

Cette offensive dure peu de temps. Trois mois.

Pas parce que la France est écrasée facilement.

Mais parce que, au contraire, elle stoppe rapidement l'avancée ennemie ; les pertes infligées à l'ennemi sont énormes, contrastant avec le peu de terrain qu'il arrive à gagner.

À tel point qu'un général de la coalition dira plus tard, "nous avons gagné juste assez de terre pour enterrer nos morts".

Après trois mois de combat, donc, l'envahisseur se résout à négocier : la coalition Américano-Russo-Sino-Indienne, décimée, accepte de cesser l'offensive et retirer ses troupes, et la France accepte de perdre 9 départements au profit de la coalition adverse.

Le décompte des morts est le suivant : 460'000 morts chez les défenseurs français, 2.5 millions de morts dans la coalition attaquante.

Loin de s'effondrer face à la déferlante ennemie, les défenseurs français ont eu une performance (ramenée à leur nombre) plus de 15 (!) fois plus élevée que les attaquants.

Un ratio étonnant. Plus qu'étonnant en fait -- impensable, impossible, n'est-ce pas ?

Pourtant cette résistance a bien eu lieu avec succès, toutes proportions gardées.

Pas en France, évidemment. En Finlande.

Ce petit pays que l'URSS a tenté -- en vain -- de soumettre durant trois mois de l'hiver 1939-1940.

Les proportions étaient celles listées plus haut, en ce qui concerne l'infanterie. Et pour le reste elles jouaient encore plus en faveur des attaquants soviétiques, qui disposaient de cent fois plus de tanks et trente fois plus d'avions... Donc la description ci dessus -- quelle que soit l'impression qu'on en a -- pêche par modération et non pas par exagération.

L'idée que l'on doit absolument faire jeu égal avec son adversaire -- ou même se mobiliser en plus grand nombre que lui -- pour se défendre facilement contre une offensive est une légende urbaine. L'Histoire est truffée de contre-exemples, de récits où "David" terrasse "Goliath", sachant viser avec compétence là où ça fait mal ; et non, ces exemples ne sont pas cités dans les livres d'histoire, il faut transpirer un peu et parcourir un moteur de recherche. Mais l'exemple de la Guerre d'Hiver entre la Finlande et l'URSS est un des tous meilleurs.

Tandis que les 40 millions de français de l'époque pliaient sous l'attaque de la Wehrmacht, les 3 millions de finlandais résistaient vaillamment à l'URSS, une nation-empire de 170 millions d'habitants ayant dépêchée une armée d'1 million d'hommes.
Alors que les français se livraient pieds et poings liés à l'Allemagne, après avoir subi 100 000 morts et avoir mis hors de combat 70 000 allemands, les finlandais affichaient 26 000 morts au compteur et en avaient infligé... 125 000 aux russes (certaines sources annoncent le double).
Tandis que les français envoyaient des travailleurs au STO, étaient occupés jusqu'à la ligne de démarcation (qui devait plus tard passer de 50% à 100% du territoire), que nombre d'entre eux collaboraient avec zèle à l'intérieur et participaient ardemment à l'effort de guerre nazi extérieur (contre le R.U. avec des véhicules et matériels, mais aussi à l'est via le personnel de la Division Charlemagne et autres unités), les finlandais ne perdaient que 10% de leur territoire, et renvoyaient l'Armée Rouge chez elle K.O. avec un énorme œil au beurre noir.

Alors bien sûr, la France avait une excuse majeure, tout comme les républicains espagnols de 1936 : le CSAR et son travail de sape interne. Le fameux "pari de la défaite". On pourrait aussi citer les quantités gargantuesques de pétrole, d'acier, de véhicules et de capital fournis à l'Allemagne par Opel-Ford, Standard Oil, l'U.B.C. de Harriman et toute sa clique. Mais le CSAR avait bon dos durant la guerre précédente : ce n'est pas une cinquième colonne qui a livré les poilus de la première guerre mondiale aux mitrailleuses ennemies, c'est bien l'état-major français qui les faisait fusiller lorsqu'ils refusaient de quitter la sécurité défensive de leur tranchée pour partir à l'attaque (suicidaire) des tranchées adverses. En fait, durant la 1ère G. M. la France était un pays plus peuplé que l'Allemagne, celle-ci se battait sur deux fronts (France et Russie tsariste), et la France était appuyée par des régiments UK et US, et elle a pourtant subi un décompte de victimes effroyable. La quantité n'est pas un substitut pour (un minimum de) qualité.

Et bien sûr il est vrai aussi que les Finlandais se battaient contre une Armée Rouge purgée, démoralisée, démotivée. Mais il faudra en rajouter une couche pour arriver à minorer le fait que le 1 M. de soldats soviétiques représentait un tiers de toute la population finlandaise, hommes, femmes, enfants, vieillards inclus -- une population équivalente à celle de la Suisse ou d'un (gros) département français.

Toutes les excuses du monde additionnées, ne justifient pas un tel écart. Il faut rajouter un ingrédient, essentiel : les Finlandais étaient un peuple d'agriculteurs... et de chasseurs -- compétents, sachant aligner une hausse et un guidon. Tandis que le mot "guidon" pour les français n'évoque guère que des vélos enfourchés par des pharmacies ambulantes, et que de plus les français sortaient du décret-loi Daladier de 1939, une sorte de "Second Amendement" à l'envers [NDLR : fait référence à la garantie constitutionnelle qu'ont les citoyens US de pouvoir posséder des armes à feu]. Et ils sont toujours dans le même état d'esprit/culture/faiblesse/vulnérabilité 70 ans plus tard.

Les Finlandais n'étaient pourtant pas un peuple de guerriers d'élite, ils assuraient simplement le minimum syndical, contrairement aux français d'alors (et de maintenant). Pour chaque Simo Häyhä et ses 500 coups au but, un niveau évidemment exceptionnel, il y avait des milliers de finlandais qui étaient non pas exceptionnels mais simplement bon tireurs. Le minimum syndical. Même recette qui est appliquée avec succès en Suisse, et qui a contribué à ce que même l'Allemagne nazie ne tente pas de conquérir ce pays : le minimum d'entrainement exigible. Toute la population qui s'adonne au 300 m. régulièrement. Si 100% des femmes et hommes d'une BAD/région/pays pratiquent régulièrement ce minimum, ça représente largement de quoi assurer se prémunir contre les 1% de spécialistes d'un agresseur, même si celui-ci envoie des troupes d'élite et en plus grand nombre : l'avantage défensif joue à plein. Si le minimum qualitatif n'est pas assuré, l'avantage défensif ne joue pas et rien ne pourra se substituer à ce minimum d'entrainement généralisé, peut-être même pas une quantité énorme de défenseurs, sauf à les envoyer dans une boucherie sans nom. Une armée de fourmis ne peut rien contre un fourmilier. Au contraire plus elles sont nombreuses et plus le fourmilier se régale. Par contre s'il est face à une armée de guêpes, la donne change du tout au tout, il n'a d'autre choix que de faire volte face et partir.

***


Que l'on parle de la Sierra Maestra ou de Killer Hill ou de la Baie des cochons le constat est toujours le même : certains défendent leur intégrité avec compétence, contre des forces bien plus nombreuses, s'en tirent bien, et récoltent les fruits de leur défense victorieuse. D'autres sont plus 'cigales', ne jugent pas utile d'améliorer le coté défensif de leur incompétence, et utilisent celle-ci pour justifier leur coopération avec les "forts". Et passent ensuite leur temps à râler qu'ils sont "faibles". Ils citent leur nombre inférieur (alors qu'ils auraient à coup sûr perdu la partie même si en nombre supérieur : le nombre ne remplace pas la compétence), alors que d'autres arrivent à se protéger même si en infériorité numérique.

Dans quel camp voulez vous être ? Pour guider le choix des gens et les "renforcer" (de l'anglais "empower") on se doit d'être honnête et d'expliquer que Crécy, Agincourt, Drancy, les défaites, l'humiliation et la collaboration passive, active, ou le soutien à l'adversaire avec son porte-monnaie, ne sont pas une fatalité. La recette Finlandaise (ou suisse, ou cubaine, ou..) d'intégrité territoriale, de "David victorieux contre Goliath" est facile à répliquer -- presque -- n'importe où. En particulier en France. Les Français n'ont aucune excuse pour s'entêter à rester vulnérables. Ignorer la réalité ne donne aucun avantage sélectif, bien au contraire. "Vous pouvez ignorer la réalité, mais pas les conséquences de la réalité".

La prochaine fois que quelqu'un se présentant comme "survivaliste" vous affirme qu'il est inutile de se préparer à résister à des "zombies", qu'il vaut mieux abandonner le navire familial et se réfugier en forêt, parlez lui des trois millions de finlandais qui ont résisté aux 170 millions de soviétiques.



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[Second article from Oslik which covers a borderline topic not often found on French "survivalists" forums : precision shooting]


Preppers over here focus, not so much on security issues but more on prepping in case they get lost in the woods in winter, or are victim of a train wreck, an earthquake, a landslide, or a goat screw like Fukushima-Daichi.. In fact, French preppers by and large focus only on these. Contrarily to their counterparts on the other side of the pond (or the Swiss side of the Alps), it is culturally ingrained in them from the cradle to the grave that security is a concern best handled by an overwhelming force (i.e. the government), and anyway not something to worry about in the grand scheme of things : statistically, you have better odds of being hit by lightning than being killed directly (shot at, gassed ..etc) or indirectly (deprived of food/water/shelter under threat of being shot).

That latter assertion is quickly addressed : it's untrue on a scale of several decades. And will be put on its head in the future. Except for plagues and nuke catastrophes, which have a huge potential for 'unpleasantness' in the next few years, there is no killer like security-gap killing. More than 100 M. people were killed 'directly' during the twentieth century alone, for lack of a solid defense or for having no defense at all. And somewhere north of 30'000 third-world kids a die each day for being deprived of clean water, almost all of them "civies" in a country that is losing (or has lost) a war. So just imagine what this "die-off" twenty-first century will look like.

As to the so called "pre-requisite" to have overwhelming strength on your side : any attempt at reclaiming part of that responsibility to defend yourself is considered childish and hollywood-movie like. If you want to defend yourself, you are a Rambo simpleton ! Even those who go beyond this sillyness, often have a defeatist feeling of powerlessness : yes they would like to handle at least part of their security ; but if the S. truly HTF, and the professionals (police, military..) don't do their job and just go AWOL to protect their families, they, the typical preppers, will be screwed : no way they can do the job of the "professionals" in their place. If engaged by a stronger force (and let's face it, the "Golden Horde" is supposed to have numbers on its side) they believe they're as good as dead. And even if the OPFOR's size is similar to their own group's, they're rather opt to run for the hills, leaving their family and their prized possessions behind.

It doesn't have to be that way.

Let's counter that feeling with a brilliant counter-example. People attacked by a huge country trying to overwhelm them with a vastly superior, better armed force.

Let's see who prevails, between the overwhelming attacking force and the small group of defenders. Then we will see which is more important: having numbers on your side, or being on the defensive side, and skilled.

Further, we'll initially transpose that example to France.

Yes, France. The country of the "cheese-eating surrender monkeys".


Flower-power and Applied Physics


Imagine.

A monumental coallition shapes up against France. For some reason or another, China is pissed as all heck against them. And so is India. And Russia. And the USA, and Indonesia -- totalling up about three billion people, 50 times the French population of 60 million. This axis gathers a huge-ass army of 20 million soldiers, while -- doing its best -- France mobilizes 6 million men. The attacking axis masses on the other side of the borders to Italy and Germany, unopposed... And then walks/drives/flies across, starting the biggest onslaught ever to hit the "stinking cheese" country.

That offensive is short-lived. Only three months.

Not because France is crushed easily.

Rather, because the country quickly stops the offensive steamroller in its tracks, and inflicts amazing losses to the attackers, who have little to show for it except a few klicks of ground they've gained.

The huge price paid for these puny few kilometers is so high that an enemy general will quip "we gained (..) just enough land to bury our dead".

After three months of fighting, the invading army is thus forced to negociate : the americano-russo-sino-indian coalition accepts to cease their offensive and retire, and they get to keep the nine départements they've captured so far. That is a loss for sure, but one would have expected all the territory to be lost.

And the body count is even more puzzling : far from having many more casualties, the outnumbered and outgunned defenders actually inflicted more casualties than they endured : the body count is 460'000 KIA among the french defenders, and 2.5 millions KIA among the attacking force.

Even more amazing, is the KIA ratio tabulated back to a per capita ratio:

  • each defending rifleman scored (on average) 0.4 enemy KIA (2.5 millions divided by 6).
  • each attacking rifleman, on the other hand, scored (on average) less than 0.03 KIA among the French forces !

You read that right -- it's not the overhwelming invading force that outclassed the defending force, it's the other way around.

In other words, far from collapsing in the face of oncoming troops tidal waves, the defenders have outperformed them -- in fact they've been 15 times as efficient !

An amazing ratio.


Science Fiction ?


How can that be ?

The last time France lost départments to ennemy attack was in 1871: the Prussian cavalry, numbering much lower than the above ridiculously high figure, ended up beating the crap out of the french.

Then there was World War 1. France versus Germany. France alone had similar, one-on-one strength, and was not alone in that fight : along came a few side-kicks, mainly UK and US regiments. And initially, Russia also attacked Germany, on its eastern flank. Yet the body count was horrendous for the french.

And what about World War 2. According to the official story, Germany managed to beat France in a matter of weeks, though hammering the french just slightly more (100'000 KIA) than the french hammered the germans (70'000). Even if you step out of Disneylandia history as taught in French schools and include some important truths (e.g. Standard Oil, Ford/Opel et al. performing one of the biggest "Trading with the Enemy" influx of capital in history, and the CSAR acting as a cancer in the chain of command), you still can't fully account for such a defeat.

So again, how could this "big ass" war be so different from the likes of WW1 and WW2. None of history's events hint at France outclassing an invader, let alone outperforming an invader which vastly outnumbers and outguns it, let alone outperforming an invader by a HUGE margin even when vastly outnumbered and outgunned. Nothing support this possibility. It is, clearly, science fiction.

Except it's not.

If you look at another country than France, that is.


Finland


There's a country up north which endured such a massive onslaught as the one described above, and made it through in one piece -- though a slightly cropped one.

That country is Finland.

Nowadays Finland is known for Sako, just like Switzerland is known mainly for SIG. In my (admittedly very slighly biased) perspective. But how did they end up there, being "chocolate and rifles" country (kinda like "the land of milk and honey", except it's for real), remaining peaceful and wealthy regions for so long ?

Again, you learn an awful lot of illuminating stuff if you go off the beaten path when studying history. This is easier said than done for the "frogs": in English-speaking countries, History as taught includes empowering episodes. The e.g. US courses tell tales of homesteaders rising up against an evil king and beating up its vast professional armies with rag-tag militias armed with blackpowder muzzle-loaders. Whereas for the French, taught History is gobbledygook apparently designed to conceal any hint of possible resistance to anything. Stay in the corraled pen and you get lectured about how things happen for no clear reason, because there is a madman here, a dictator there, an angry population in here.. And above all, remember that history is made by big people, heroes, heads of state, but not people like you and me who are completely powerless, except when they can convince the army to be on their side and overthrow a "let them eat cake" bloke. If, on the other hand, you steer away from this make-believe land you end up learning some important truths.

The Winter War is one such thing: no one ever taught this to me in school. In fact probably more than 99.9% of frenchmen when queried about it would reply "the winter WHAT?". Yet that is one of the most important wars in history. For it teaches a most important lesson. No, I'm not talking of the names and birthdates of the head honchos:

Two months after the start of W.W.2, as the Ford/Opel trucks were still warming up before rolling west, the SSSR was brewing a plot of its own: Stalin was itching to invade Finland to gain an extra access to the sea, but needed an excuse to do so. In the tradition of 'justifications' and excuses and operations before and after that one (Maine, Lusitania, Reichstag fire and Poland "attack", Tonkin Gulf "attack", Operation Vigilant Guardian/Warrior "attack" ..etc ..etc) the SSSR ordered the Shelling of Mainila, then denounced the shameless and unprovoked finnish "attack" and started to "counter" attack. No-one believed such a gross fake at the time, proving that people were not so brainwashed then as they are now. But I digress.


By the numbers


Anyway, bottom line --

A country of 170 M. inhabitants (tries to) invade a country 50 times smaller, with 3 M. inhabitants. The invading army is 1 million men strong, three times the defending 340'000 soldiers.
The net ground result ends up as 11% of finnish territory conceded.
The body count ends up being 26'000 KIA for the finns, 125'000 for the soviets (some sources mention a mugh higher body count on the latter's side, bringing the finnish efficiency ratio up to an amazing 40-to-1, I'm using the most conservative estimates here).


What didn't matter


Again, this 15-to-1 ratio (or 40 depending on who you listen to) did not result from overwhelming finland superiority in numbers: much to the contrary, the numbers were firmly on the russian side.

It did not result from weapon systems superiority either: if victory depended on better/more hardware, the SSSR should have won as they had 100 times more armor and 30 times more fighter planes than Finland had. Chalk up another reason why this war is so confusing to Donald Duck historians (and they plain ignore it).

It did not depend either on Finns being 6-ft-tall body-building artists with an attitude, which survivalists not afraid of ridicule sometimes cite as an important factor of survival: the national hero, Simo Häyhä, was a 5-ft-tall pygmy, with a calm and patient demeanor.

Sure, the poor morale of the Russian troops took its toll. But you'll have to find something more convincing to account for the scale of the russian disaster.

So if that's not the reason, then what?


What mattered


When the dust settles, all you have left to explain this outcome is simple:
  • marksmanship
  • defense
Remove either ingredient, and the Finns would have failed. They succeeded because they were on the defense. Had they put their marksmanship at the service of aggression, they would have been crushed. Not just if stepping into the territory of the massive russian bear, but even if trying to invade much smaller countries, provided those were of equal (or at least decent) marksmanship. They succeeded because they were marksmen. Finland was a people of farmers and hunters. And good hunters at that. Add to that their training in techniques and tactics in their national flavor of "national guard" and they could not fail. Had they been poor shots, this war would have gone like it did a few thousand klicks south, in France: a shameful defeat and humiliation making them known forever as "surrender monkeys". In fact it's worse for France. Had the Finns lost, at least they would have had the excuse of overwhelming odds. The French never had. But then again, the country that did have an excuse for not winning did, in fact, win. And the country that had no excuse for losing, shamefully lost. What's more, let's drive the "shame" point home in yet another way: the finnish performance was not so stellar, out of reach, in all actuality: the Finns could have been even better. If all of them were some Simo Häyhä's, or (at least) if all of them had been fighting like the maniacs over at Killer Hill (32 finns fighting off 4'000 russians) or the Kollaa area, one could say they were an anomaly, an out-of-this-world elite force, impossible for other nations to replicate. But there is no such excuse: the average rate was 0.3 lethal hits per finnish soldier, far below the 500 of Belaya Smert. The French could not replicate any of these ratio, not even the lower 0.3-per-head one. Not even close. Let alone the way-out-there in the stratosphere one from Simo. No marksmanship, there. Which brings us back to the point at hand: Marksmanship and defense. Defense and marksmanship. That's as close as you can get to an iron-clad "law", thermodynamics style. Those who hit the brick wall of this law get bloodied in the face, clubbed like baby seals, and (if they live to learn the lesson) quickly learn to abide to it. And those who abide to that "law" in the first place, do the "live ever after and have many kids" routine. For the others, it's the "may you live in interesting times" chinese curse. All chinese, all the time. Well, the Russians at least learned to integrated snipers at the platoon level with a D.M.R. using an SVD Dragunov :-)

Markmanship. This is a trend you'll find again and again in my future articles. If anything, I'll write about that.

samedi 7 janvier 2012

La Richesse : moralité - Morality of Wealthiness



(English version below the fold)

En ces temps de douce révolte contre la classe supérieure qui profite du progrès sans entrave, on vient à se demander si c'est bien moral d'être riche. Je me suis posé la question dernièrement lorsque j'ai regardé une conférence de Mike Dillard sur internet où il encourage les internautes à rejoindre sa tribu d'investisseurs moyennant finance, pour avoir accès, selon ses dires, à des informations décisives concernant le gigantesque transfert de richesse à venir dans le monde, pour devenir plus riche que riche (comme le slogan du jeu de loterie Euromillions). De toute évidence il compte profiter de la bulle sur les métaux précieux pour s'enrichir.
Alors je me suis demandé : acheter quelque chose à vil prix pour le revendre 10 ou 100 fois plus cher afin de devenir "riche", est-ce moral ? Est-ce participer au bien commun que de plumer des mougeons* ?

Tout d'abord, il me faut définir qu'est-ce qu'être riche et qu'est-ce qui est moral. Le TLFi nous donne ceci :
  • richequi a de la fortune, qui possède des biens en abondance, qui a beaucoup d'argent. 
  • moralqui concerne [..] la recherche d'un bien idéal, individuel ou collectif, dans une société donnée.
Avoir un patrimoine équivalent à 40 000 fois le salaire total qu'un smicard gagnera pendant les 40 années de sa vie active, est-ce moral, est-ce juste ? Je me demande quel était l'écart de richesse entre les pharaons et leurs esclaves.

Comment un individu devient-il riche ? Y a-t-il une manière de devenir riche qui soit plus morale que les autres ?
On peut s'enrichir en s'appropriant des ressources, en commercialisant des biens et services bien plus cher qu'ils ne nous en coûtent, en gagnant à la loterie ou en trouvant un trésor, en touchant des royalties, en héritant de nos ascendants etc. Les chemins de la fortune sont nombreux.

J'achète un terrain agricole. Le PLU change. Je revends le terrain devenu constructible en faisant un maximum de bénéfice. Est-ce moral ? D'autant plus que l'on va réduire la surface agricole disponible localement.
Une maison achetée 50 000€ il y a 20 ans se vend le triple aujourd'hui. Est-ce bien moral ?
Si on va par là, même le marchandage peut être soupçonné d'immoralité, vu que le but du jeu est de payer le moins cher ou de vendre le plus cher possible, un bien ou un service.

Il va de soi que la fortune individuelle ne rime pas avec le bien commun, car la majorité des processus d'acquisition de richesse font en définitive le bonheur de quelques uns et le malheur de beaucoup. Il s'agit toujours de gratter des sous ; à ce jeu les usuriers sont rois, et leur vampirisation de la société est généralisée, car on leur verse des sous même au travers des impôts ! Bien sûr tout individu ayant de l'épargne participe à ce jeu, mais dans une moindre mesure. L'inflation, que l'on essaie de combattre par l'épargne, n'est pas inéluctable. Les solutions sont documentées.

Questionner la moralité de la richesse individuelle revient à questionner celle de la propriété privée. Si on a trop, c'est forcément que les autres ont moins. Donc il faudrait trouver un juste équilibre pour rétablir l'équité sociale, par exemple si tout individu devient propriétaire de son logement et de son outil de travail, le statut de locataire - qui s'assimile à de l'esclavage - disparaitrait en grande partie.

Dans la Nature, je ne pense pas qu'existe une quelconque moralité. C'est la nature de la Nature ; et nous en faisons partie, donc l'immoralité latente dans notre société ne devrait pas nous choquer.

Certes, être riche, ce n'est pas très moral, mais dans un scénario d'effondrement global, être riche permet de vivre, si ce n'est de survivre, pendant que la majorité de nos concitoyens souffrent puis disparaissent dans la poubelle de l'Histoire. Être riche donne un avantage certain pour affronter l'imprévu ou même le prévisible (mais ce n'est pas l'avis de tout le monde, car le riche n'est pas forcément débrouillard et apte à la survie).

Donc égoïste et immoral, le riche est... Si vous pensez le contraire, c'est sûrement que vous êtes riche LOL !

La prochaine question serait alors : est-ce que le ou la survivaliste est égoïste et immoral, sans pour autant être riche ?

Stay tuned...

Quelques chiffres INSEE :
- patrimoine NET français en 2010 : 150 000€/individu
- ratio entre le patrimoine BRUT (hors endettement) des 10% des ménages les plus riche et celui des 10% les moins riches en France en 2004 : 2135
- endettement moyen des ménages français en 2010 : 11% du patrimoine brut

* : mi-humain, mi-mouton, mi-pigeon ; espèce invasive très dangereuse !




While Occupy Wall Street tries to get rid of the wealthies who profit from technological progress without limits, one could wonder if it's moral to be rich. I questionned myself lately as I watched a webinar promoting some kind of financial club behind a pay wall that would grant me access to materials to "get filthy rich". I guess it was all about betting on the gold and silver bubble, so nothing new under the sun.
 So I ask myself : is it really moral to buy something for a cent on the dollar and sell it at a price  hundred times higher ? Is the common good greater when sheegeons* get fleeced ?

First, let's define "rich" and "moral". According to Cambridge dictionnary :
  • richhaving a lot of money or valuable possessions
  • moral :  relating to the standards of good or bad behaviour, fairness, honesty, etc. which each person believes in, rather than to laws.
Is it moral, fair or even sane to pile up assets equalling 40 000 times the lifetime wage of Joe Six Pack ? I wonder what was the wealth inequality in Pharaoh's times.

What leads an individual to wealthiness ? Is there a way to get rich that's not amoral ?
We can get rich by appropriating resources, marketing goods and services for profit, winning the lottery or finding a treasure, earning royalties, by inheriting and so on. The ways to wealth are many.

A house bought 20 years ago for $100,000 will be worth triple that price today. Is this quite moral ?
If we go down that road, even bargaining may be suspected of immorality, as the goal is to pay as low or sell as high a price as possible.

It goes without saying that individual wealth does not equate to common good, because most of wealth acquisition eventually results in happiness of some and misery for many. It's always about profit making ; moneylenders are kings to this game, their vampirism is impacting society as a whole, because we feed them even through taxes ! Of course everyone saving money also take part in this game, though not on such a level as bankers do. Inflation, which one tries to fight through savings, is not inevitable. Solutions are documented.

Questioning the morality of individual wealth leads to private property. If you have "too much", others have necessarily "less" than you. We should figure out how to restore social justice, e.g. if everyone owns his or her house and his or her tools of the trade, the status of tenant or employee - which is akin to slavery - would largely disappear.

In Nature, there's no such thing as morality as far as I know. It's the nature of Nature; we are part of it, so the latent immorality in our society should not shock us.

Of course, being rich, it's not very moral, but in a scenario of global collapse, being rich can soften your day to day struggle and quite possibly save your life, while the majority suffers and disappears in the dustbin of History. Being rich gives an edge to face the unexpected or even the expected (but it is not a shared opinion among survivalists, because the rich may not be resourceful enough and able to survive).

So selfish and immoral, is the rich ... If you think otherwise, surely you are rich LOL!

Next question would then be : is the survivalist selfish and amoral, while not being rich ?

Stay tuned...

Some numbers :
- net French wealth in 2010 : €150,000/individual
- ratio between gross wealth (not including debts) of the 10% richest households and the one of the 10% the poorest in France in 2004 : 2135
- French households mean indebtedness in 2010 : 11% of gross wealth

* : half-human, half-sheep, half-pigeon ; very dangerous and invasive species !

lundi 2 janvier 2012

Courrier des lecteurs : Survival Survival


J'ai reçu un email de la part de Survival Survival me questionnant sur l'éventuelle déconfiture à venir et je vais tenter d'y répondre. J'ai dû me résoudre à reformuler les questions pour une meilleure lisibilité.


Quelles sont les précautions à prendre avant et après cette période de chute (d’après mes recherches cela peut probablement débuter avant l'été, mais je n'en suis pas sûr) ?

Je ne suis pas dans les petits papiers des manipulateurs des marchés donc je ne peux m'avancer sur une quelconque date concernant la crise à venir.
Il faut selon moi garder le moins possible d'argent en banque : utiliser son épargne pour faire les courses pour plusieurs mois (hors produits frais - sauf si on a un congélateur pour les conserver), en achetant notamment de quoi s'éclairer ou se chauffer pour anticiper des coupures d'électricité ; acheter des métaux précieux et les garder, ainsi qu'une bonne réserve d'argent liquide, dans un coffre à la maison. Le maître mot est la diversification (voir l'article d'Oslik concernant les investissements survivalistes - et mes suggestions qui y sont jointes). Orlov conseille de cultiver son réseau relationnel en amont de la crise car avoir les bons contacts aide encore plus lorsque le système s'effondre autour de nous.


Si les banques centrales continuent de créer de la dette pour permettre aux états de fonctionner, ça ne peut que chuter. Vivre au dessus de ses moyens ne sera plus possible donc la classe moyenne va entraîner par le fond toutes les couvertures sociales. Quelles seront les conséquences au niveau européen et mondial ? Que feront l’État et les citoyens durant cette période de panique et de pénurie ?

Malheureusement je n'ai pas de boule de crystal pour prédire l'avenir ! À mon avis, l'euro (comme le dollar) va se déprécier petit à petit par rapport aux autres monnaies, ce qui peut avantager les exportations hors-zone euro ; cependant la France produit de moins en moins de biens exportables, donc on risque d'avoir une montée des prix car il nous coûtera plus cher d'importer à cause d'un euro faible ; notre niveau de vie en pâtira forcément. Les politiciens sont des drogués du pouvoir, donc en toute logique ils vont faire en sorte de rester à leur poste pour garder leurs privilèges et leur main mise politique sur la société. Les citoyens se feront tondre, car une grande partie se comporte malheureusement comme des moutons. Misère, grèves, pénurie, criminalité sont au menu de demain. Et nous ne sommes pas à l'abri d'un couac type état totalitaire ou mise sous tutelle internationale.


Le prix du pétrole chutera-t-il à cause de la baisse de la demande ? Quels seront les moyens de transport encore en fonctionnement ? Pourra-t-on encore prendre l'avion durant cette période ou même après ?

C'est tout à fait possible, d'autant plus que le prix du pétrole est fixé par les anticipations des spéculateurs, donc pas fous ils vont lâcher le pétrole s'ils voient une grande dépression pointer à l'horizon. La voiture individuelle risque de perdre des parts de marchés en faveur des mini-bus "taxis" et des transports en communs publiques, même si ces derniers ne seront peut-être pas fiables à cause des grèves auxquelles on peut s'attendre. L'avion sera toujours disponible à mon avis, mais sera réservé aux personnes aisées, comme c'était le cas au début de l'aviation. Les routes vont devenir aussi mauvaises que dans le tiers-monde faute d'argent pour les entretenir. Un vélo tout-terrain avec des pièces de rechange est un bon investissement si on n'en possède pas déjà un.


Quelles seront les biens tangibles échangeables contre des métaux précieux ? Ces derniers garderont-ils leur valeur pendant cette période trouble ? Ou auraient-ils moins de valeur après l’instauration par l'État d'un nouveau système bancaire électronique ?

Tout dépend de l'offre et de la demande ! Il y a fort à parier que les métaux précieux garderont de leur valeur, même si on peut s'attendre à une baisse de leur pouvoir d'achat vu que les biens tangibles se feront plus rares, en particulier ceux provenant de l'étranger. Il faut considérer les pièces d'or et d'argent comme une sorte de devise étrangère que l'on échangera au besoin contre la monnaie ayant cours, car le troc direct contre des biens tangibles n'est pas aisé. Si l'Etat rend la possession de métaux précieux illicite, leur valeur risque de grimper car les gens voudront acheter quelque chose pour conserver leur épargne à l'abri de l'emprise étatique mais il faudra aller à l'étranger ou passer par le marché "noir" pour les écouler ce qui n'est pas chose facile.


Où peut-on acheter de l'or ou de l'argent sans qu'on puisse nous le confisquer à l'avenir ? Où peut-on préserver ses valeur dans un endroit sur ?

C'est très simple, il suffit d'acheter auprès de particuliers (petites annonces) et de payer en argent liquide, sans avoir à dilvuguer son adresse (contact par email ou téléphone portable). Pour les plus soucieux, on peut louer un coffre à la banque pour y placer les métaux précieux mais cela ne garantie pas à 100% de pouvoir remettre la main dessus un jour. Le mieux est de le cacher au domicile, dans un coin vraiment difficile d'accès, ou alors dans un coffre lui-même caché. En restant discret sur ses possessions et en faisant profil bas, on limite le risque de cambriolage.


Quelles seront les précautions prises par l'État ? Pourrait-il confisquer de force les métaux précieux et les ressources stratégiques type terres agricoles et points d'eau en vue d'un rationnement du peuple favorisant les élites ?

Cela s'est déjà vu dans l'histoire et pour le rationnement profitant aux oligarques voir la Corée du Nord. Comme disait FerFAL (il a peut-être changé d'avis depuis), les gouvernements sont tels des phénix, s'ils s'effondrent, ce n'est que pour mieux renaître par la suite, avec les mêmes puppet masters en coulisse. Donc se méfier de l'Etat est une bonne chose, car ce sont les Etats qui sont à l'origine des plus grands massacres de l'Histoire de l'Humanité.


Comment l'État peut-il stabiliser cette période de crise et combien de temps cette période peut-elle durer ? Pourrait-il procéder au puçage des citoyens pour mieux contrôler leurs consommations de ressources et leurs capitaux ?

Difficile de répondre à cette question. L'Etat peut instaurer un contrôle sur les imports/exports et sur tellement de choses en définitive que c'est imprévisible. Ce peut être le coup d'état permanent, le chef d'état ayant déclaré l'état d'urgence par exemple. Le puçage des citoyens est inéluctable pour permettre aux "bergers" de mieux contrôler leurs "troupeaux". Vive le progrès ! D'après moi cela pourrait prendre la forme d'une carte d'identité associée à une puce RFID qui permettrait d'avoir accès aux services du "système" tels que les soins, les rations, la justice etc, ceux n'ayant pas de carte devant vivre en dehors de ces enclaves "civilisées". Le mieux à faire c'est de consommer le moins possible et de faire son chemin vers l'autonomie pour se préserver des méfaits de la clique au pouvoir.


Qu'en sera-t-il des autres états du monde ? Lequel sera le plus stable ? La Chine peut-être ?

Je n'ai pas vraiment de réponse à cette question ; on peut cependant citer la Russie qui de par ses ressources naturelles et son immense territoire sera peut-être moins touchée par les pénuries, encore que... La Suisse est aussi réputée comme stable et relativement autonome, mais ça change très vite ces dernières années. Qui vivra verra.

Pour conclure, je dirais que le bon sens prime. Être vigilant et ne pas mettre tous ces oeufs dans le même panier. La prévoyance est vertueuse.

jeudi 29 décembre 2011

Réponse à Dr Martin LN

Échange original commencé ici : Commentaires de Critique du livre de San Giorgio

Comme tu as pu le constater, j'ai enlevé l'option "anonyme" dans le menu des commentaires, car c'est vrai que ce n'est pas très sympathique de parler à des inconnus. D'ailleurs j'essaie de sensibiliser les gens sur le blog de Volwest et ça marche plutôt bien [maj : maintenant seuls les membres enregistrés peuvent poster des commentaires sur son blog].

Il eut été préférable de mettre ton dernier message en tête de ton commentaire initial, afin que l'on puisse un peu mieux situer ton point de vue.

Bref, je vais reprendre les divers points exposés par Piero San Giorgio et avec lequel tu es en désaccord :

- surpopulation : je cite Wikipédia "La surpopulation est un état démographique caractérisé par une insuffisance des ressources disponibles pour durablement assurer la pérennité d’une population ou de sa descendance, sur un territoire" ou plus clairement dans sa version anglaise "Overpopulation is a generally undesirable condition where an organism's numbers exceed the carrying capacity of its habitat." or on a dépassé la capacité de charge de l'écosystème Terre depuis quelques décennies. On ne dispose pas, en l'état actuel des choses, de ressources en suffisance pour "assurer la pérennité" du status quo. On peut bien évidement espérer une transition écologique bienfaitrice mais l'inertie des sociétés ainsi que le coût des technologies vertes met un frein à ce développement. Je ne parierais pas dessus ce scénario "vert" même si c'est souhaitable que cela arrive. La planète est "surpeuplée" d'humains et d'animaux d'élevage, c'est un fait. Après on peut très bien réduire notre empreinte écologique pour qu'une société durable émerge, mais dans un monde motivé par le profit, c'est comme vider l'océan à la petite cuiller.

- pénurie de pétrole et matières premières : d'abord la définition académique de pénurie "absence ou rareté d'un bien nécessaire à la vie" ; je n'ai pas le livre sous les yeux mais je crois que Piero voulait parler de rareté plutôt que d'absence totale de pétrole ou matières premières. On aura encore du pétrole dans 50 ans, mais SÛREMENT pas un débit de 80 millions de barils/jour (voir plus d'après les illuminés de la croissance). On s'en contrefout de savoir si dans 100 ans il y aura encore du pétrole, ce qui importe c'est l'équilibre offre/demande, production/consommation. Tout porte à croire que l'offre va baisser dans les années à venir, car on a déjà consommé le pétrole facile d'accès. Et finalement il y a le point noir du rendement énergétique de la production : combien de barils produits pour un baril brûlé lors de la prospection/production ? Ce ratio est en baisse bien sûr ! Pour ce qui est des matières premières, une partie du problème est lié au prix de l'énergie, qui est lui-même relié à l'équilibre offre/demande. Certaines matières premières sont disponibles en quantité finie et leur utilisation ne permet pas un recyclage énergétiquement (ou tout du moins économiquement) efficient. Comme pour le pétrole, tout est question de l'équilibre offre/demande. Si la demande pour les matières premières minérales critiques diminue, on peut ne pas s'inquiéter de la baisse de leur production. Mais ce n'est pas vraiment le cas à l'heure actuelle. De toute manière on est en "overshoot" (dépassement de capacité de charge) depuis une quarantaine d'années, donc même si on se débrouille pour augmenter notre efficience énergétique et le recyclage des ressources, on finira bien par toucher le fond du tonneau de pommes.

- dérèglements climatiques : je ne sais pas si on peut parler de "dérèglements climatiques" car le monde qui nous entoure n'est pas une peinture figée, mais il y a sans aucun doute un "changement climatique" ; après la question de son origine "anthropique" ou "naturelle" n'est pas franchement importante car si l'activité humaine est vraiment responsable de ce changement climatique, ce que l'on fait maintenant ne va pas pouvoir enrayer le phénomène car l'accroissement des GES dû à l'activité humaine date d'au moins deux siècles, et aujourd'hui on est 7 fois plus nombreux donc c'est juste trop tard !!!!!!! Dérèglements climatiques est synonyme de mauvaises récoltes, déplacement de population, tensions ethnico/culturelles et finalement conflits armés.

- baisse de la production de nourriture : lire Risks to food security (Wikipedia EN) ; la question à cent balles : quelle est la nourriture dont la production baisse ? Est-ce la nourriture destinée directement aux humains ou celle destinée aux animaux ? Je n'ai pas le livre sous les yeux pour savoir ce qu'en dit Piero, mais pour moi les problèmes essentiels sont le gaspillage dans les pays riches, la grande consommation de viande, la dépendance de l'agriculture "moderne" aux énergies fossiles pour les engrais, pesticides, transport, etc. Même si l'heure est à la prise de conscience écologique, on n'est pas près de voir disparaître les travers de l'agri-business. Le dérèglement climatique ne va pas aidé à produire plus de nourriture, à mon humble avis !

- tarissement de l'eau potable : c'est en effet mal formulé, mais on ne peut plus vrai dans certaines parties du monde ("bientôt dans votre commune ! "). On parlerait plus de pénurie d'eau à venir, voir : Water crisis (Wikipedia EN). Avant d'avoir de l'eau potable, il faut déjà avoir de l'eau tout court !! L'eau "potable", c'est LA ressource ultime. On pourra toujours recourir à la distillation solaire pour potabilise de l'eau crâde mais cela ne résoud pas le problème de l'approvisionnement d'eau pour l'agriculture etc.

- mondialisation débridée : terme un peu vague, je parlerais plutôt de déséquilibres socio-économiques à grande échelle ; ce phénomène est débridé dans le sens où l'industrie occidentale disparaît rapidement pour s'expatrier en Asie, créant un boulversement économique chez nous : biens peu onéreux, de piètre qualité, en grande quantité, avec en face du chômage, ce qui nous mène à l'endettement du pays à cause de la baisse des cotisations sociales et à la non-pérénnité des équipements. Piero parle aussi de l'aspect culturel mais je n'ai pas vraiment d'éléments à apporter sur ce point.

- dettes colossales :  "y a pas photo" ; même si l'argent moderne est en grande majorité du vent, les balances commerciales négatives sont une réalité bien solide ; la balance commerciale française est parmi les 5 plus négatives au monde (avec les USA en fond de cale), alors que celle de l'Allemagne est en seconde position (derrière la Chine) avec un excédent commercial de 188 milliards de dollars pour 2010. La dette extérieure allemande est similaire à la notre, sauf que ce pays est plus peuplé donc la dette extérieure par habitant est moindre et l'excédent commercial permet de la résorber plus aisément. La dette n'est donc pas un problème pour tous les pays, mais en France on est "in the merde". (Chiffres tirés du CIA world fact book)

mercredi 28 décembre 2011

OSLIK : Investir dans l'or ou les houes ? - Investment : gold or tangibles ?


(ENGLISH VERSION BELOW THE FOLD)

[Premier article d'Oslik, après sa critique du livre de P. San Giorgio, concernant les priorités d'investissement ; même si je suis, semble-t-il, plus pro-métaux précieux que lui, j'ai trouvé ses conseils assez pertinents et je partage donc avec vous son angle de vue. J'y ai adjoint mes commentaires après son post-scriptum.]

La doxa financière des preppers veut que les métaux précieux - en particulier l'or et l'argent - aient un rôle à jouer à moyen et long terme : même s'ils ne remplissent intrinsèquement aucun rôle dans la pyramide des besoins de Maslow - manger, boire, sécurité et défense contre les agressions, etc - ils permettent de faire du commerce pour acquérir des 'consommables' dans ces domaines, louer les services d'un garde du corps et ainsi de suite. Ils offrent ainsi une sécurité matérielle incomparable : on ne peut pas savoir exactement ce qu'il faut stocker pour l'avenir ; il vaut mieux acheter un lingot d'or... ou des pièces d'argent - plus granulaires et propices aux petits achats - en quantité, affirme la doxa. Ainsi lorsque les fiat money auront retrouvé leur valeur intrinsèque, à savoir zéro, les MP (métaux précieux) seront rois : les MP seront échangeables contre les objets nécessaires à la vie. Et les MP sont bien plus compacts et faciles à stocker que les marchandises qu'ils vous permettront d'acquérir.

La valeur des MP est censée être élevée non seulement à l'heure actuelle - il est incontestable que les investissements en MP ont protégé le patrimoine contre les krachs boursiers et la crise de ces dernières années - mais aussi à l'avenir : en K2KK, nous dit-on, les MP conserveront et verront même leur intérêt augmenter, le rendant supérieur encore à ce qu'il était avant l'effondrement : tout comme le nécessaire vital (nourriture ..etc) deviendra rare et demandé, l'or va aussi être rare et demandé. Est-ce que ce sera le cas ? On pourrait examiner les antécédents historiques de K2KK. Durant le siège de Sarajevo par exemple, sans nulle doute nombre de bijoux de famille dont il aurait été impensable de se séparer en temps normal, ont été proposés à la vente par des familles désespérées de se procurer de la nourriture et du bois de chauffage. Donc l' "offre" d'or, au lieu de baisser, a dû être nettement supérieure à ce qu'elle était avant l'encerclement de la ville. Quand à la demande, on ne peut qu'imaginer qu'elle ce soit effondrée, chacun se concentrant sur la survie immédiate et non l'accumulation de MP [Ndlr : affirmation que l'on retrouve sur le net concernant le siège de Sarajevo : "After awhile, even gold can lose its luster. But there is no luxury in war quite like toilet paper. Its surplus value is greater than gold's"].

Mais l'on pourrait contrer cela par une boutade : pour chaque exemple, il existe un exemple égal et opposé, eh ? Comme pour (presque) toutes les questions, la seule réponse correcte garantie est "ça dépend". Pt'êt ben qu'oui, ptêt ben qu'non, selon la région où vous vivez, le degré de préparation des gens qui vous entourent, etc. Vu la pléthore de défenseurs du pt'êt ben qu'oui, prenons la défense du pt'êt ben qu'non ici. Examinons le problème sous un autre angle. Un angle révolutionnaire, celui de concept.. d'offre... et de demande !

Place des MP dans la pyramide de Maslow

Reprenons la pyramide de Maslow en K2KK et l'on comprend vite que l'or ne passe pas en premier. Imaginons une situation de pénurie généralisée. Les gens manquent de tout. Vous voulez m'acheter du bois de chauffage. Mais si je n'ai rien, vous ne pouvez pas m'acheter quoique ce soit d'utile, même pour tout l'or du monde je n'ai rien à vous donner en échange ! Okay - c'est un scénario trop extrême, j'en entends grommeler au fond de la salle : on trouve toujours un excédent quelque part. Effectivement ; disons qu'on est en situation de pénurie, que j'ai très très faim, mon estomac (et ma famille) crie famine, mais je dispose d'un excédent de bois de chauffage que je vends pour nourrir ma famille. Vous, vous me proposez un louis d'or (ou 10 , ou 100), en échange d'une stère ; un autre voisin me propose 10 kg de patates ; qui vais-je favoriser ? L'autre voisin bien sûr. Je donne priorité à mes besoins physiologiques. Le choix serait le même si j'avais besoin d'un poêle à bois, d'un système de purification d'eau ou autre solution directe me permettant de continuer à me maintenir à 37°C.

Objection votre honneur ! (toujours les mêmes qui grondent au fond). Quid de cette situation : je ne mange pas à ma faim, j'ai un excès de bois de chauffage, mais cette fois ci je n'arrive pas à le fourguer par l'offre et la demande : soit que tous mes voisins immédiats sont bien lotis en terme de chauffage, ou que personne ne peut me proposer le kg de patate qui me fait tant saliver. Dans ce cas, le prepper avec son louis d'or va clairement pouvoir acquérir mon bois de chauffage, n'est-ce-pas ? Ça dépend. Si j'ai un peu d'esprit d'initiative, je peux me dire que mon bois de chauffage ne me rapporte "que" de l'or aussi, alors qu'avec un peu d'organisation logistique je pourrais en obtenir plus dans les villages voisins : par exemple de la nourriture ! Ou je pourrais le garder quelques mois bien au sec pour en vendre l'an prochain. Et pendant ce temps le prepper continue de se cailler et de se demander s'il n'aurait pas mieux fait de couper du bois il y a un ou deux ans - il serait sec et prêt à bruler maintenant..

Même si l'on pousse l'ouverture d'esprit jusqu'à accepter comme un axiome qu'il y a absolument toujours, partout, au moins une personne prête à accepter de l'Au/Ag comme monnaie d'échange.. Rien ne garantit que cette personne soit celle qui possède ce dont vous avez besoin ! Bref, les MP arrivent derrière les autres dans la hiérarchie des besoins. Comme le dit Rawles, les MP sont ce que vous stockez quand vous avez stocké le reste (beans, bullets, band-aids et nombre d'autres). Après le retour à l'équilibre, la pyramide de Maslow pourra se reconstituer en entier, ne sera plus réduite aux fondamentaux physiologique. Les gens se remettront à échanger des coquillages.. des oeuvres d'art. Ou autre "shiny things". Mais il faut survivre à la transition pour en arriver là.

Place dans la chronologie


On pourrait exprimer le problème aussi en terme de "compression" de l'échelle de temps. Prenons la transition post-pétrole et (par exemple) la transition des chaudières à mazout vers les poêles à bois. Scénario : avec la pénurie croissante d'hydrocarbures, les chaudières à mazout deviennent des presse-papiers inutiles, alors que les poêles à bois s'arrachent. Le parc installé de chaudières à mazout est apparu sur plusieurs décennies : les fabricants ont gagné en nombre, en capacité de production, en économies d'échelles, jusqu'à saturation du marché et réduction de la capacité de production pour qu'elle corresponde juste au remplacement des chaudières arrivées en fin de vie.

Si l'extension du parc installé de poêles à bois se fait de façon symétrique, sur la même échelle de temps, on pourrait assister au même phénomène ordonné, prévisible, régulier : à population égale (e.g. 60 M) on a une quantité de biens similaires à fabriquer, dans une échelle de temps similaire (pour les besoins de la discussion on ignorera le facteur aggravant de la décroissance pétrolière, à savoir qu'elle diminue non seulement la capacité de charge de chaudières à mazout mais aussi la capacité manufacturière pour les poêles et le reste ; ainsi que le facteur modérateur de la population : en croissance dans la partie gauche de la courbe, elle ne sera bien sûr plus en croissance dans la partie droite). Si par contre, la transition d'un parc vers l'autre se fait en 10 ans, la "tension" est beaucoup plus forte : la demande croît beaucoup plus vite (les gens ne peuvent pas attendre aussi longtemps avant de laisser tomber leur chaudière) face à une offre qui ne suit pas.. voire même se révèle inférieur au scénario symétrique (les ressources qui devaient aller à la fabrication de poêles sont déroutées pour des choses encore plus demandées, e.g. l'agriculture).

Une demande beaucoup plus élevée, combinée à une offre plus faible, amène à ce que les poêles à bois valent... très cher. Ou à ce que les gens soient mis en liste d'attente (rationnement par le prix, ou rationnement explicite). Et si la transition se fait de façon catastrophique (K2KK), en 2 ans ou moins... Inutile de faire un dessin. Demande astronomique, combinée à une offre qui se casse la figure. Quel rapport avec l'or ? La valeur commerciale des MP se dégrade moins dans dans les scénario à faible 'accélération'. En fait la vitesse de transition optimum pour les MP c'est... le rythme actuel, avant crash : l'offre peut encore répondre à la demande, l'or et l'argent (métal et fiat) peuvent jouer leur rôle. Si les choses s’accélérèrent et ramènent les gens aux fondamentaux, les MP risquent d'en pâtir. Changeons encore de perspective; au lieu de se demander combien d'objets indispensables (ou d'accès aux soins médicaux ..etc) on pourra obtenir en K2KK avec de l'Au/Ag, demandons nous combien d'or et d'argent on pourra obtenir avec des objets indispensables..!

Autres Investissements


  Étendons la liste d'exemple. Pas de raison de se limiter au seul poêle à bois. Pour chaque objet on examine le regain d’intérêt dont il pourrait faire l'objet, et sa rareté (demande, et offre). Seuls une dizaine sont listés : essayer de faire une liste exhaustive serait idiot, cette liste étant différente pour chaque région. L’intérêt est plutôt de montrer le processus de pensée : une fois assimilé l'idée à travers cette poignée d'exemples (choisis pour leurs bonnes probabilités d'être "intéressants" à l'avenir), vous pouvez facilement l'appliquer à des dizaines d'autres :

- talkie-walkie PMR, avec piles rechargeables et chargeur solaire. Les PMR eux-mêmes sont assez répandus en France ; il y a deux ans j'avais essayé de laisser tourner 24/7 un de mes PMR en mode "scan" sur les 8 canaux, et j'avais été surpris d'entendre du traffic plusieurs fois par jour, alors que je suis situé dans un coin paumé et que la portée d'un PMR est limitée à quelques km - il y a clairement eu pas mal de "cadeaux d'anniversaires" aux gamins français et autres achats à D4. Il n'y en aura pas pour tout le monde, cela dit, donc mon "investment advice" est d'en stocker - en plus de ceux à stocker pour équiper votre famille et votre BAD. Même diagnostic pour les chargeurs solaires.

- poêles et cuisinières à bois : difficiles à transporter, mais objets de grande nécessité au coeur de l'hiver, les poêles à bois subiront probablement un des plus fort déséquilibres offre/demande : même en quittant les clapiers (pardon, poulaillers!) urbains et en se massant dans les campagnes à plusieurs par maison, en portant des pull-overs nuit et jour, en dormant en "spooning" (!) et en faisant des feux de fortune (avec tous les accidents et intoxications au CO que cela entraine en milieu clos), en donnant la priorité aux femmes allaitantes ou enceintes et aux enfants, il n'y aurait pas assez pour chauffer tout le monde en K2KK. La demande pour les poêles et cuisinières à bois serait maximale, l'offre très faible : si on cumule le parc déjà installé de poêles et d'inserts, plus les stocks et vitrines des revendeurs, et que l'on va même jusqu'à ajouter les foyers ouverts (au rendement atroce : 75%+ de la chaleur s'envole par la cheminée) on est loin du compte. Investment advice : essayez d'imaginer un business plan où vous stockez des poêles pour le futur ou - mieux - arrivez à en manufacturer de bonne qualité (fonte, plutôt qu'acier) et à les transporter sur site, et vous gagnerez des concours de popularité dans quelques années.

- livres : attention, de même que l'appellation "appareils de chauffage" regroupe à la fois les futurs presse-papiers (chaudières à mazout) et les futurs bijoux (poêles à bois voire poêles de masse Tulikivi) et tout le spectre entre les deux extrêmes, le mot "livre" regroupe les futurs... carburants de poêles à bois (!) tout autant qu'il recouvre... des bijoux, des ouvrages sous-estimés à l'heure actuelle mais qui seront hautement considérés à l'avenir. Cela inclue peut-être quelques ouvrages de fiction, mais plus particulièrement les livres qui enseignent de la théorie et/ou de la pratique, en particulier : livres sur l'éco-construction (passif solaire, avec matériaux vernaculaires), l'agri/sylvi/horticulture, le travail des fibres, l'élevage, recettes de cuisines avec des ingrédients locaux, l'artisanat à l'ancienne, la forge, les plantes médicinales et des centaines d'autres sujets.

- lunettes de visée tactiques FFP mil/mil : si l'audience de ce blog devient éduquée sur l'importance primordiale de la défense, comme je l'espère, si nos lecteurs comprennent qu'une société équilibrée (pour tout dire, Suisse :-D) est une société où les gens ne sont pas vulnérables et peuvent donc investir sans crainte d'être dépouillés du fruit de leur travail... Alors on comprendra que tout ce qui est relatif à la marksmanship figure haut dans la liste. Ceux qui en plus comprennent en détail les fondamentaux de la visée, vont probablement s'exclamer "mais c'est bien sûr !" en lisant l'intitulé de ce paragraphe :-)... Oui.. Les optiques de visée actuellement courantes en France ne sont pas bien adaptées à la défense : les plus courantes sont les lunettes de chasse, et la législation française interdit de chasser avec une lunette à réticule stadimétrique. En conséquence, les chasseurs français ont pendant les dernières décennies acheté pléthore de lunettes à réticule n°4, Circle-X et autres Multi-X, mais pas de Mildot. Le parc de lunettes à réticules 'simplistes' est considérablement plus grand que celui avec réticules à graduations 'mil' (milliradians)... Ces derniers sont acquis uniquement par les tireurs sportifs et de loisirs, dont le nombre est comparativement faible, et encore ne s'agit-t-il que d'un faible pourcentage de ce faible nombre de gens.
 Un futur article expliquera comment tirer le maximum de ces lunettes de chasse, mais ce n'est au mieux qu'un pis-aller... Et il reste l'aspect 'investissement' ; investment advice : en théorie c'est un des objets avec le plus grand 'gouffre' entre l'offre et la demande... Et il est léger et facile à transporter. Ça semble un investissement de rêve, à mettre en tête de liste. En pratique ces lunettes nécessiteront un gros effort éducatif pour que les gens de votre BAD et alentour en comprennent l'intérêt (comment enseigner le wind doping à quelqu'un qui pour commencer ne possède pas les 'fondamentaux' de marksmanship ?). Difficile donc de prédire la prise de valeur d'un tel "stock". De mon coté je suis un incurable optimiste donc je considère que mon voisinage étendu va finir par comprendre la priorité absolue de la non-vulnérabilité, la forte importance des optiques pour assurer celle-ci, et le rôle difficilement remplaçable des FFP mil/mil (qui feront aussi l'objet d'un article) parmi les optiques... Et donc je commence à me constituer un stock au delà de ce qui est nécessaire uniquement pour moi et ma BAD.

- lampes torches : la nuit est généralement le moment privilégié pour les rapines, pour le chapardeur de légumes ou le voleur de bois de chauffage... Ou pour l'opération militaire contre un adversaire compétent en défense diurne. Les nuits sombres seront la règle en K2KK, surtout lors de la nouvelle lune ou par ciel couvert : une fois le réseau électrique effondré et les rues des villes et villages devenues sombres par manque d'éclairage public, les maisons et fermes recommenceront à vivre à l'ancienne : on se lève et on se couche avec le soleil... avec des nuits de 14 heures ou plus au solstice d'hiver. Comment faire si l'alarme est donnée et que l'on veut éloigner/contrer/dissuader/lutter contre des "gremlins" pendant les longues heures avant le lever du soleil ? Des moyens d'éclairage compacts, à fort rendement, peu gourmands en énergie de format courant (e.g. une lampe 100 lumen utilisant 3 piles AAA rechargeables dans un chargeur solaire, assez petite pour se monter sur un rail picatinny ou avec un "barrel clamp") vaudront leur pesant d'or durant des périodes de trouble. Il en faut pour vous, votre BAD, et les voisins plus éloignés, suivant en cela la même philosophie évoquée dans les autres exemples cités : commencez par être blindé d'équipement pour vous et votre BAD, puis stockez pour équiper les alentours, via commerce/échange, ou pur don altruiste selon les cas : plus vous renforcez la communauté alentour, la rendez moins vulnérable aux attaques e.g. nocturnes, plus ça vous renforce aussi. Pour ceux qui représentent peu d'intérêt stratégique (trop éloignés...), stockez-en pour en faire commerce.

- produits d'hygiène consommables : rasoirs jetables, PQ, etc ; ici il ne faut pas faire le calcul sur les stocks, mais sur les flux. La plupart des gens ne stockent quasi rien - on trouve ça typiquement "ridicule" quand on entre chez un prepper et que l'on voit plusieurs paquets entassés. Les "stocks" des sheeple vont fondre très rapidement en cas de rupture des approvisionnements.. Et ils faudra des mois ou des années pour que les gens apprennent les "appropriate tech" alternatives. Dans l'intervalle, après quelques semaines sans se raser, les hommes seront prêts à donner beaucoup en échange d'un simple rasoir jetable.

- outils de jardinage : ici aussi le fossé est assez important.. Si vous en doutez et vous rassurez avec une vision de nombreux garages en France et à Navarre avec chacun quelques sécateurs et pelles, visualisez plutôt ceci : le ratio de producteurs de nourriture doit revenir à son niveau moyen historique, dans les 50% de la population au lieu du 1% actuel (!). Ça fait beaucoup de demande en perspective, et une offre pas franchement gargantuesque. Faites des stocks [d'outils de qualité].

- panneaux photovoltaïques (en fait systèmes complets, avec régulateur de charge, batteries et accessoires) ; inutile de faire un dessin : le besoin d'électricité DC pour l'éclairage, la communication et quelques dizaines d'autres applications basse tension est bien clair. Problème - contrairement aux e.g. talkies-walkie PMR, ça taxe. Et puis comme dirait John Michael Greer, il y aura un fort composant de "recyclage d'infrastructure" dans les décennies à venir : les panneaux PV qui décorent actuellement les parcmètres dans les grandes avenues seront peut-être remis en circulation pour des usages plus rationnels (s'ils ne sont pas brisés/carbonisés lors de méga-émeutes)... Donc le diagnostic / investment-advice est réservé ici : le "plus" apporté pour soi-même et sa BAD est indéniable, mais en tant qu'investissement cela pourrait offrir un "retour" moindre que d'autres choix.

- ballistic wampun : un grand 'classique' chez les Rawlesiens, et à raison ! Par contre on est tenté de le garder pour soi pour des gens de confiance (i.e. la BAD) pour des raison évidentes, ce qui limite le potentiel "commercial" de l'investissement... C'est plutôt perçu comme un investissement pour la sécurité, comme un objet qui sera très difficile à manufacturer avant qu'une "cottage industry" ne se remette en place.

- sel : on a coutume de dire que le sel a des siècles d'histoire agitée derrière lui, jusqu'avant l'antiquité, car il a toujours eu une forte valeur intrinsèque. Nombre de guerres ont eu lieu pour le contrôle du sel. Il est à l'origine du mot "salaire". En plus de sa fonction d'exhausteur de goût, du besoin physiologique d'en absorber, il peut servir aussi à conserver les aliments, etc. Et sa répartition est assez inégale, entre les marais salants sur les côtes et quelques mines de sel ici et là. Si vous êtes loin de ces sources d'approvisionnement, voilà une filière toute trouvée : les sacs de 10 kg coûtent quelques euros. En stockant du sel vous investissez, mais vous accomplissez aussi un geste millénaire.

Conclusion


Je n'ai jamais aimé le discours vantant le côté "bon à tout faire" de l'investissement Au/Ag.. Ça me semble déjà discutable aux US, qui a pourtant une forte culture "precious metals", et encore plus en France, où cette culture est beaucoup plus primitive. Pour moi ce discours est une simplification pour dire aux classes moyennes prepper ce qu'elles ont envie d'entendre : oui, votre vie est bien remplie, à trimer métro/boulot/dodo... Oui vous n'avez pas beaucoup de temps à consacrer aux préparations générales: acquisitions de connaissances, stockage de produits de nécessité. Oui, quand vous rentrez après le boulot vous n'avez qu'une envie, vous affaler devant la TV. Et non, vous n'avez pas à faire de choix difficile, nous avons une solution toute trouvée, il suffit d'acheter des MP, et vous avez le beurre et l'argent du beurre : vous gardez votre vie bien remplie actuelle, tout en vous préparant à l'avenir.

Il est bien établi que les MP sont un des meilleurs investissement dans l'ère qui est en train de se terminer ; en fait, dans la période que Richard Duncan, auteur de la théorie d'Olduvaï, appelle le "slide", on peut non seulement se protéger contre l'inflation et le déclin boursier mais même s'enrichir considérablement. Mais on ne peut affirmer à ceux qui s'initient tard (i.e. maintenant) au survivalisme qu'ils bénéficieront des mêmes retours sur investissement que ceux qui on acheté des louis d'or en 2002. En effet le "terminal decline" arrive.. Et dès que l'on quitte le début du terminal decline et que commencent les pénuries il sera temps, à mon sens, de retirer ses "billes" et les convertir en choses tangibles. Une fois Sarajevo encerclée, il sera bien tard pour faire cette "conversion". Vous aurez loupé votre opportunité de vous démarquer de la foule de "lemmings". Si vous avez de l'or dans une foule de 60 M de gens affamés/glacés, vous serez juste un affamé/glacé de plus en compétition avec les autres pour obtenir les produits de première nécessité.. Et pas forcément le premier servi. Si vous avez les "tangibles" utilisables pour votre vie quotidienne et pour celle des autres, vous n'aurez pas besoin de grand chose pour vivre confortablement.. Et le peu qui vous manque sera facile à obtenir rubis sur l'ongle en échange de vos stocks de papier Q, lunettes mildot, etc :-). My two cents. Oslik

P.S. il y aurait beaucoup à dire en plus des purs aspects mathémathiques/ratio/investissement, notamment au niveau social. Ceux qui gèrent mal leurs stocks de "tangibles" pourraient avoir encore plus de problèmes que les "gold bugs" : que vont penser les gens qui vous payent à prix d'or vos stocks diffusés au compte goutte ? Vous accuseront-ils de "profiter du malheur des gens" ? Les choses seront-elles pires que si vous n'aviez pas fait de stock du tout ? Si vous gérez cela de façon maladroite, en survivaliste individuel face à une foule étrangère, ça peut tourner aussi mal pour vous que si vous battez la campagne en tenant un discours type "holà triste sire, ne t'avise pas de refuser mon louis d'or en échange de tout ton stock de bois ; ne sais-tu pas, manant, que mon or vaut plus que toutes tes possessions ? Je me suis préparé au crash moi, en véritable fourmi, contrairement aux cigales comme toi qui ont perdu leur temps à couper du bois et autres fadaises ; allez je te donne une pièce, et je suis bien bon".

Par contre si vous organisez e.g. votre village pour vous assister dans votre commerce -- untel est votre employé marketing, untel transporte vos précieuses marchandises, untel assure la négociation, etc, en préparant une "cottage industry", un artisanat pour fabriquer les produits nécessaires à la vie quotidienne, et que vous donnez un business plan à la communauté genre "je propose que notre village devienne un spécialiste de la fabrication de savon, que nous échangerons avec les spécialités des villages alentours, et que nous organisions la défense en commun de nos biens pour que nous récoltions toujours les fruits de notre travail sans être rackettés par une mafia ou un "warlord" alors vous serez un atout, un plus pour votre communauté, et celle-ci vous défendra. De plus, les liens d'utilité sociales ne se résument pas à l'échange de biens manufacturés (ou stockés en prévision).. Au contraire les échanges de "services" sont encore plus courants; e.g. services basés sur les connaissances/savoir faire : docteurs, vétérinaires ..etc. Ou services basés sur le capital : le meunier gagne sa vie grâce à son moulin, etc. Je n'en parle pas ici, cet article se focalisait sur un aspect limité, très précis, en réaction à ce que j'entends couramment sur l'Au/Ag.

[Quelques commentaires :
  • En K2KK, les MP seront échangeables contre la monnaie ayant cours ou bien directement contre des biens ou des services, même si cela revient à faire du troc qui n'est pas toujours chose aisée ; je reste confiant que quoiqu'il arrive, il y aura toujours quelqu'un pour acheter de l'or ou de l'argent, car on ne détruit pas d'un claquement de doigt une réputation multi-millénaire de valeur sûre ; étant donné que tout le monde n'a pas perdu l'estime dans les MP et que le nombre de gens doués pour le marchandage est non-nul, je pronostique un futur doré pour les MP comme monnaie de fortune, si je puis me permettre ces jeux de mots ; ils ont leur place dans la préparation survivaliste en tant que diversification/sécurité financière, mais ne doivent pas prendre le pas sur des besoins plus terre à terre ;
  • pour ce qui est des poêles à bois, il faudra penser au stock tournant de bois - même si on peut bricoler en faisant sécher au fur et à mesure du bois mort coupé sur pied - avec du bois sec pour une année de consommation et une année qui sèche ; les matériaux isolants auront le vent en poupe dans les années à venir, donc on peut dès à présent investir pour son logement et pourquoi pas dans une entreprise qui en produit ; 
  • pour ce qui est des livres, je compte faire un article sur la bibliothèque du survivaliste, histoire de donner des idées d'achat et de lecture ; il y a en effet une grande quantité de sujets à couvrir pour vraiment pouvoir faire face à toutes les interrogations que l'on peut avoir quand on n'a pas Internet pour trouver la réponse en deux clics ;
  • concernant les lunettes de visée, il faut bien sûr posséder au moins une arme sur laquelle les monter, ainsi que les colliers et le rail, mais je pense qu'Oslik nous en parlera plus tard ; ce sont des optiques qui coûtent un oeil si on prend autre chose que de la chinoiserie, alors il faut être bien sûr de son coup avant d'investir (se référer aux multiples retours d'expérience relatés sur le web et si possible expérimenter la lunette avant l'achat) ;
  • le sel iodé est utile pour l'alimentation si on est loin des côtes et donc des produits de la mer ; le sel est hygroscopique donc il faut le stocker à l'abri de l'humidité ; la salaison nécessite de grande quantité de sel, il ne faut pas hésiter à en stocker plusieurs centaines de kilos comme le dit Piero San Giorgio, pour peu que l'on ait la place ;
  • je rajouterais que quelque soit les objets que l'on pense acquérir, il faut privilégier à tout prix la qualité, car l'indépendance ne se construit résolument pas sur de la camelote asiatique !
Ma propre liste d'investissement serait la suivante : sacs de couchage en duvet et draps-sacs, vêtements chauds et nécessaires de couture, filtres à eau portables et cartouches de rechange, nourriture sous vide et épices, montres automatiques et outils d'horloger, couteaux de camp inox et pierres à affuter, briquets Bic et pierres à feu, cordages tout diamètre, bâches plastique et caoutchouc, paires de lunette 'loupe' et bien d'autres choses]





[First bilingual article from Oslik concerning investment priorities ; it seems that I am more pro-PM than he is, I found his advices quite relevant so I share his wisdom with you. I added my comments below his post-scriptum.]

The wisdom of financial prepping has it, that precious metals -- especially gold and silver -- will play an important role in the long run : even if you can't eat gold or drink silver, or shoot a burglar with a krugerrand, you can trade these PMs (Precious Metals) for food, water, you may hire a bodyguard and the like.

In other words, they are an investment category on its own, compared to the rest. Like investments in the stock market, bonds etc, they allow to build up wealth to purchase prepper supplies ; but unlike the other investements, they will continue to be valid after TEOTWAWKI, in fact even gaining traction and value : there will be little gold to go around and high demand for it, hence it will be in a great shape, supply & demand wise. Precious metals are an outstanding way to prepare for what's coming.

Or are they ?

One could do a snap response citing history : one comparatively small, localized instance of SHTF was the siege of Sarajevo. Some articles have been making the rounds on the intertubes the last couple years, with interesting data points on several topics.. One point they make is about valuable supplies : PMs are not mentionned among them. One could imagine families offering even precious, multi-generational gold jewels for barter and failing to find "reasonable" barter offers for them. If several of them did the same it would mean that supply was on the rise (not low) and that bartering offer for them was non-existent (instead of being in a "great shape"), with everybody focusing on how to stay warm, fed and secure, instead on focusing on accumulating PM wealth.

But surely, for each anecdotal evidence there exists another example of equivalent strength and opposite conclusion eh ?

The only sure answer is, as always "it depends". The value of your stash of silver coins will depend on your circumstances. But that's a tad useless as answers go. With the wealth (pun intended) of pro-PM arguments going around, let's visit the other side of the (silver) coin for some healthy balance.

If this irritates you so far, imagine this article as the friendly companion to the ones that advocate hoarding PMs : in order for PMs to be traded for "something", there needs to be people who have had the foresight to purchase and hold that "something", to be able to trade it. I won't go to the next step and suggest that in fact people owning the "something" is enough in and of itself. Yet.

Precious metals' pecking order

Let's take a simple look at Maslow's pyramid in a SHTF/TEOTWAWKI situation.

Imagine generalized shortages : everybody lacks everything. You want to purchase/barter firewood from me, but I don't have enough for myself, let alone some spare firewood to trade with you. And neither do my neighbors. For all the gold you have, you're still out of luck.

Too pessimistic a scenario ? Ok how about this - the shortages are not a perfect cross-section of all supplies, they vary : for instance, I don't have enough food for me and mine, but I do have a small excess of firewood. Now for the twist : you propose to barter it for your gold coins... But my neighbor proposes to barter it for (drumroll...) food. Now which barter option am I going to choose ? The one that allows me to feed my wife and kids, or the one that gets me a shiny gold coin ? Ok that was an easy one, I want me and mine to stay above room temperature, so I trade for food.

Hey, I hear some shout, what about this scenario : I'm hungry, I have some spare firewood, but can't strike a deal for it with anybody but you, since my immediate neighbors are fine, heating-wise. Then I'll trade with you, right ?

Well it depends. I could team up with a guy owning a horse-cart to transport my firewood farther out where there is more demand, or I could keep my firewood in a dry place until next year, hoping the demand will look better by then.

To sum up, as Rawles says, PMs are what you acquire when you have everything else : beans, bullets, band-aids, the whole nine yards.

Given the future imbalance in supply and demand, I would go even further and recommend investing only in tangibles : with the shortages of so many important and useful things coming up in a few years, people who have stockpiled "shiny stuff" that is not immediately useful, in the hope of acquiring the actually-useful stuff from others, might be frowned upon.

Imagine a town or village with 90% of "bliss" (unprepared) people, then a prepper who has stockpiled things useful to the "bliss" crowd, and then a prepper who has stockpiled half useful things, and half Precious Metals. Then the latter claims to have first pick at purchasing, because his coins are more precious/valuable than any other "legal tender" in town. Do you foresee him being popular ?

Heck, I'm investing only in tangibles and even then I'm worried about being unpopular ("that guy knew what was coming and now he's price-gouging us, asking for two cows in exchange of a single flashlight!"), so imagine if I claimed to trade cows-for-coins... Actually, unpopularity might become secondary to bigger problems then!

Alternatives

Let's get to the meat now - what do you invest in, if not in PMs ? What will be the useful devices "in demand", both in your BAD [Autonomous & Durable Base ; see : piero.com] and for trade with the surrounding world ? I can't speak for your particular circumstances, and even less give an extensive listing. What I can do is give a sample of what I am trying to stockpile, and more importantly, the thought process going into it. If inspired by the simple supply/demand scheme depicted in the handful examples down here, you might then want to create your list of investements. I believe much of the below is common to people elsewhere anyway. Let's have at it :

- GMRS / FRS transceivers, with rechargeable batteries and a solar charger : the transceivers themselves have been selling for years and are fairly common. With that said, there can hardly be enough : the right number is one for each and every member of your B.A.D. ... Plus some spare ones to account for damaged units, and for trading some units to outsiders. So that's clearly a "mild stockpile" item. Even more so if people around you don't already have an established user base. The same goes for solar chargers and of course, quality batteries -- AA and AAA NiMH batteries will probably be close to "balistic wampun" in popularity, with the one (fairly big) caveat that they do not keep forever in unattended storage like a box of .22LR would.

- Woodstoves and coooking woodstoves : the supply/demand here is even more favorable, though those are by nature difficult to transport. Imagine people in the dead of winter leaving the fedghettos en masse and expecting to keep at least moderately warm. Most people don't know survivalist techniques like scout pits, fire pits, staying off the cold ground ; and even if they did, they will demand something "better" than that. Absent any other fuel, they will demand wood stoves. Even if people bunch up, with several families per (heated) house, even if giving priority to nursing women, pregnant women, infants, even using "Rangers hugging", if the Golden Horde is big enough the numbers simply don't add up for keeping a minimum of supply/demand balance. Someone with a little warehouse of stoves and (that's the difficult part) a reliable way to transport them despite the probable fuel shortages, will be a hero... Even more so if you can find a way to actually manufacture the things long into the society crash, allowing families to "un-bunch up" over the course of a few years, progressively getting back their privacy and their house as a stove makes it livable again even in winter. The "livability" aspect obviously goes much, much farther than simply adding a wood-based heating device in an existing "bliss" house, but then again, this list is only a minuscule sample of what needs to be stockpiled... Complete it so that your community won't be caught with its pants down when the push comes to shove.

- books : let's face it, 99% of books will have the same fate as the 99% of heating devices that are currently oil-based (or natural-gas based), they will end up as paperweights. It's the 1% of jewels that one should invest in, the ones which will be in high demand : books about bioclimatism (passive solar houses), veggie gardening and husbandry, recipes that actually make your veggies grown in your climate tasteful, blacksmithing, wild herbs, the lot. An upcoming article will expand on this topic.

- FFP mil/mil riflescopes : a pet peeve of mine. English-speaking readers (aussies, 'murikans, and probably subjects of the Queen as well) probably don't need to be lectured on the need for defensive training and implements, so I'll cut to the chase : the one realization that is still too slow to creep into people's brain, is the need for sensible optics, at least for your "reach out and touch someone" rifle. Yes, your "battle" rifle can rely on sturdy iron sights (though it can't hurt to have a cowitnessing Aimpoint or Holosight together with your BUIS). But you've most likely put an optic on your bolt-action, right ? And probably one with variable magnification, for added versatility. Which brings up the need to have the reticle subtensions consistent across the range of magnification -- yet I'd bet dollars to doughnuts that most reading this have an SFP (second focal plane) scope. Likewise, you might have a MilDot reticle - if so, bravo ! But then why have selected "MOA" turrets for that piece of kit ?
The point is - currently there is zero selective pressure on people to realize the need for consistent mil/mil designs (nor pressure for plenty other things, for that matter).. But when/if the fighting starts, the difference will be blindingly obvious : bolt rifles whose scope has a 'mil' reticle in the First Focal Plane and 'mil' turrets, used by someone with proper training, will outclass the non-mil, SFP ones by a significant margin, even if the latter is also used by a trained operator. The current slow progression of mil/mil scopes is a sad thing, which bodes ill for the future. But the other (positive) side of the coin is that where there is a gap, there is an opportunity. You can help fill that gap, and make a profit out of it : stockpile on some solid scopes with the right feature set, then hold on to them until people figure out they should use them and demand for them becomes high.

- flashlights : night time is the favorable time for critters (the two-legged and four-legged kinds) stealing from your veggie garden, or your firewood... or something more serious. People are sleeping, and even if sentries or a dog or a PIR-based alarm system wakes them up, darkness provides confusion and concealment to flee unmolested, or even fight them. This is even more true from a military standpoint : attacking small OPFOR groups is generally done at night for these reasons. When the streets in hamlets and villages become dark in a grid down situation, people will initially enjoy the enhanced star gazing. But if things turn à la "Lights Out" (the novel from halffast) or the short stories à la "Les Ecorcheurs du Puy" (in Piero's "Survivre") the need for adapted (emphasis on "adapted") flashlights will surge. People will quickly realize that the old fashioned lights are not powerful enough, or run out of battery too quick, or are unwieldly, or can't get easily mounted on a MilStd 1913 rail ..etc. If you can provide them with the cat's meow (there exists quite a few fair-priced, quality, 100 lumens flashlights these days) then they'll be grateful, and you will make them stronger. The stronger your community (and the surrounding communities you'll trade with) will be, the weaker the MZBs will be. What's not to like ?

- personal hygiene items : it will take a while for people to train/get familiar with alternatives to disposable razors, T.P., toothpaste, soap, detergent and the like, during the society crash. While they have so much on their plate already, enabling them to go on with the familiar "brush, flush" routine will be a big boost for people in your community, and a highly-valued trade item for surrounding communities. Unlike items with high embedded value, like riflescopes, people will realize the appeal immediately ; and these are more "granular" items : if a trading client is stingy, you may give him only one disposable razor at a time, until he realizes he should cough up the price you ask for instead of talking it down, and be rewarded by "retail by the ten-pack" instead of "retail by the unit" trading :-) .. You can't do that with e.g. a transceiver. It's also a "no regret" stockpile. And it's in reach of anybody's budget. And it requires no training (unlike an FFP mil/mil scope). And it keeps forever. What are you waiting for ??

- gardening tools : don't be stingy on these... Unlike for electronic gizmos, when purchasing these, one can be confident that money goes to the manufacturing process rather than big margins or repaying the technological R&D, hence more money = better quality. Gardening tools will take enough abuse (especially from your less-prepared buddies) that it makes sense to have good steel and good wood. Think of it this way : the historical norm is to have circa 50% of the population involved in growing food. There will be a LOT of people requiring hoes and shovels in a few years.

- balistic wampun : a perennial classic in prepper circles. My thought process begs to differ though : I would be very cautious about considering this an "investement" - that is, something to trade with people outside your community. It's a definite win-win for your community/B.A.D. to never have it in short supply, however.

- salt : trading salt is as old as humanity, it's currently cheap, conserves well if kept dry, and you can't get more "granular" than that for retail purposes. Another no-brainer, so long as you are not close to the sea or close to a salt mine of course.

Conclusion

The PM wisdom goes, Precious Metals are a top investment now for weathering the financial crisis, but their usefulness will not end with the current world : to the contrary, in the world that follows, they will break out of the prepper 'ghetto' and become used by the populace at large, as the new currency : people will suddenly consider coins made of nickel and steel to be worthless, yet they will consider coins made of silver and gold to be very valuable. Which would be a classic "high demand, low supply" situation : the few people with a stash of such valuable coins would be kings, initiating a wealth transfer of epic proportions, as their coins spread to the population, while the population can only access these rare coins by trading numerous valuable items and services to these "gold bugs".

Perhaps so.

I know that post-TEOTWAWKI I certainly won't accept "coins" (made of gold or silver or seashells or whatever) for any serious trade, except for the odd exceptional case of my agreeing pre-crash (now) to accept a determined amount for a determined future trade. This is a special case that goes beyond the scope of this article. The general case for me is "niet".

The one thing I will value and happily trade from people (and guess they will trade from me) is things similar to ones listed above.

Your mileage may vary.

[Loup Espiègle's comments :
  • When the SHTF, PM will be tradable for whatever currency is arround or directly barterable for goods and services, even if it's not quite an easy way to do business ; I'm confident that whatever happens, there will always be PM buyers, because you can't destroy in the blink of an eye a multi-millenia reputation of financial safe haven ; given that people didn't totally loose faith in PM and that business-minded folks are numerous, I think PM have a golden future, no pun intended ; they certainly play a role of financial security/diversification for preppers, but they aren't a top priority for survival ;
  • wood stoves : you'll eventually need wood to use them, so stockpile it - even if you can make do with dead standing trees- with a year-worth of dried wood and a year-worth of drying wood ; insulating materials will be in high demand in the years to come, so one can invest today to be warm tomorrow ; 
  • whatever equipment you spend money for, get the quality stuff, because you can't build independence on chinese crap !
Here's my investment list : down sleeping bags with liners, warm clothes and sewing kits, portable water filters with spare filters, spices and grains in mylar bags, automatic watches and repair tools, stainless camp knifes with sharpeners, Bic lighters and firesteels, ropes and strings, tarpaulines, pairs of glasses and many more items...]